Pratiques de soin militant et gestion des conflits

Les questions autour des pratiques du soin et de la ré-appropriation de nos conflits sont aujourd’hui centrales dans la majorité des collectifs du réseau Mycélium. 

Militer est un acte qui nous expose, nous éprouve, nous confronte aux violences de la société.

Face au sentiment d’urgence ou d’impuissance, devant un système aux logiques punitives ou excluantes que nous reproduisons parfois, face aux violences subies et à l’épuisement qui guette bon nombre d’entre nous, prendre le temps de prendre soin est essentiel pour nos équilibres et pérenniser nos luttes.

Prendre soin, c’est à la fois comprendre les systèmes d’oppressions qui nous entourent, comprendre les dynamiques de pouvoir internes et externes, et apprendre à envisager le conflit comme un symptôme qui nous permet d’apprendre tout en écoutant nos besoins, nos corps, nos émotions.

C’est aussi prendre soin de nous, de nos histoires et des violences inscrites dans nos corps. C’est politiser nos vécus individuels, et mettre en place des pratiques d’écoute, de soutien, et de présence.

C’est une démarche complexe qui requiert des compétences allant de l’écoute de soi à l’appropriation d’outils communautaires, et beaucoup d’entraînements ! 

C’est dans ce contexte que Mycélium a entamé un cycle autour du soin, depuis des arpentages et lectures inspirantes, aux diverses formations à la gestion de conflit et aux formes de justice transformatrices, aux groupes de paroles – intervisions pour se soutenir entre pair.e.s, …

Voici quelques traces de ces réflexions menées par Mycelium et par d’autres personnes ou organisations proches :

  • En janvier 2024, Mycélium a organisé une formation « CNV, Pouvoirs et privilèges« , avec un focus sur le racisme (en partenariat avec Aurélia Saint-Just et Laure Ducos). Cette formation vise à partager et accroître la conscience des inégalités systémiques, et explorer – y compris dans nos corps – comment l’intégration d’une Communication NonViolente (CNV) systémique peut participer à des processus de guérison et changements significatifs. 
  • En juin 2024, Mycélium a organisé une formation autour de la prise en charge collective des situations de préjudice : comment sortir des logiques punitives ou excluantes, comprendre les dynamiques de pouvoir internes et externes, envisager le conflit comme un symptôme qui nous permet d’apprendre tout en écoutant nos besoins, nos corps, nos émotions ? Cette formation a été animée par Despina Matsakis et Roxane Zadvat de la Maison du Conflit.
  • En février 2025, Mycélium anime un temps de partage sur nos expériences et nos pratiques d’intervision dans les collectifsDans la frénésie du travail et du monde qui s’effrite, quand prenons-nous le temps pour nous déposer, nous reposer ? Pour raconter nos histoires, nos situations difficiles, nos vécus émotionnels, les tensions dans les groupes dans lesquels nous gravitons, en interne comme auprès de nos publics ? A quel moment et par qui les personnes qui prennent soin prennent soin d’elleux-mêmes ? Quel espace-temps arrivons-nous à dédier pour partager nos expériences, nos apprentissages, et  demander ressources, postures ou conseils entre pair·es ? Comment se soutenir ensemble, collectivement ?
  • Au printemps 2025, Mycélium propose un cycle sur le burn-out des collectifs : comment s’y préparer, comment ralentir le rythme et prioriser la création d’espaces de soin collectifs, de lieux et de dédiés à prendre soin de nous individuellement et collectivement pour amorcer les métamorphoses profondes dont nous avons besoin pour faire face aux temps qui viennent ? Comment mettre en œuvre un changement profond et radical pour ne pas finir cramé.e.s jusqu’aux os par le burn-out ? En partenariat avec Luce Goutelle, du laboratoire de recherches expérimentales Looops.