Lutte contre les dominations systémiques

Lutte contre les dominations systémiques

Lancement des bourses « Racines et Pollens »

Lancement des bourses « Racines et Pollens »

Après plus d’un an de conception du projet, la Fondation Mycelium est maintenant presque entièrement en ordre de marche (nous espérons pouvoir vous présenter son site web dans les prochaines semaines) et lance son premier appel à demandes de financement!

Cet appel concerne les bourses « Racines et Pollens », qui sont des bourses ponctuelles d’un montant variable (aux alentours d’entre 5 000 et 10 000€), attribuées deux fois par an, avec un total de 70 000€ distribuables pour l’année 2020.

Ces bourses sont destinées à soutenir des projets « œuvrant à la création, la défense et le développement de sociétés tournées vers le soutien de toutes les formes de vie humaine et autre qu’humaine », en accord avec la vision générale du projet Mycelium et l’éthique de la fondation Mycelium.

Plus spécifiquement, la Fondation Mycelium cherche à soutenir des projets qui permettent de créer plus de liens au sein et entre nos mouvements, qui développent des visions audacieuses ou radicales, qui explorent les marges de nos mouvements et/ou qui ne peuvent pas facilement bénéficier d’autres sources de financement, publics ou privés. Ces fonds peuvent être délivrés à une organisation, un collectif ou directement à une personne, en étant au service d’un ou plusieurs projets collectifs.

Les demandes sont à envoyer via ce formulaire (avec une forme libre sur le format de la demande) au plus tard le mardi 5 mai à minuit.

Pour plus d’informations, vous pouvez également consulter le ROI (en cours de finalisation) de la Fondation et poser vos questions à boursefondation@mycelium.cc.

Cet appel est diffusé via la newsletter aux actrices et acteurs connectés à Mycelium et ayant déjà collaboré avec nous dans le passé. Vous pouvez le relayer vous-mêmes directement à d’autres mouvements ou collectifs que vous jugez pertinents, mais nous vous demandons d’éviter les canaux de diffusion larges pour l’instant.

Face à la sidération….

Face à la sidération….

Il n’est pas très évident de prendre la plume en cette période troublée, tant l’incertitude marque le quotidien de nos vies, de celles de nos proches (confiné.e.s ou exclu.e.s du confinement), de celles des personnes malades et plus généralement de sociétés entières.

Pas évident de savoir si cette période nous appelle à agir plus urgemment ou à plutôt questionner notre besoin permanent d’action et d’information, pour accepter le temps lent qu’impose ce confinement. Devons-nous profiter de cette période pour parler encore plus fort, et dénoncer les injustices que révèle cette pandémie ainsi que les causes écologiques de l’apparition de nouveaux virus, ou apprendre pour un instant à faire silence et ne pas ajouter du bruit à la surabondance actuelle d’informations ?

Alors que nous réalisons encore à peine ce que nous vivons, il est normal que nous soyons confus.e.s et que chacun.e de vous traverse cette période différemment, d’autant que les conditions matérielles de ce (non-)confinement sont loin d’être égales.

Notre propositions est de nous donner le temps d’observer tout ce que cet épisode nous fait traverser à nous, à nos communautés et nos sociétés. Beaucoup de tribunes parlent déjà de « l’après », ce qui est sans doute salutaire pour tenter de saisir l’opportunité d’une telle crise. Néanmoins, n’oublions pas que le « pendant » est aussi un temps politique très important, non seulement pour ce que traversent toutes les personnes affectées par ce virus, mais aussi car il révèle la grande vulnérabilité de nos sociétés et teste nos capacités de résistance à un tel choc. La résilience, que tout le monde appelle de ses voeux, ne peut s’entamer qu’une fois le danger le plus immédiat écarté, et elle dépendra grandement de la manière dont nous aurons traversé ensemble cette crise.

Inspirons-nous du message du collectif Santé en Lutte, qui dénonce de longue date le définancement et la détérioriation de nos systèmes de santé, et qui lutte aujourd’hui auprès des soignant.e.s en première ligne :

« Maintenant on soigne, après nous réglerons nos comptes »

A travers cette newsletter, nous vous partageons différentes pistes de soin, d’action, de réflexion et de mises en lien que nous voyons autour de nous actuellement, en espérant qu’elles vous inspirent et vous soutiennent, dans les moments que vous traversez actuellement… N’hésitez pas à nous en partager d’autres !

Julien, pour le cercle coeur de mycelium

Accès à la newsletter complète ici.

Assemblées virtuelles « Time to Breathe »

Assemblées virtuelles « Time to Breathe »

Le temps du Coronavirus est celui de l’urgence sanitaire. Il cache ou révèle aussi d’autres urgences, sociales, écologiques, climatiques, … Nous sommes nombreux.se.s à être habités par cette crainte : l’après sera-t-il celui d’un retour au « Business as usual » ? Ou pourrons-nous profiter de ce moment pour créer la rupture à laquelle nous aspirons ? Depuis l’isolement, quels communs créer, soutenir ? Pour maintenant et aussi pour après la « crise » ? De nombreuses personnes vont un cran plus loin qu’avant dans leurs questionnements… sur leurs boulots, activités… Si les émotions de « surface » sont adressées par les médias et peuvent, pour certain.e.s d’entre nous, s’exprimer dans des cercles de proches, les questionnements plus profonds, les sentiments plus complexes ont aussi besoin de se déposer Il en est de même pour les collectifs et les organisations. Ferons-nous simplement « comme avant » ?

Nous vous proposons de nous réunir pour proposer, pendant ces temps de confinement, un cycle de rencontres citoyennes virtuelles (dans un premier temps) ayant pour but de :

1) Poser et comprendre les liens entre la « crise » du coronavirus et les autres bouleversements en cours et à venir (écologiques, sociaux, politiques, démocratiques,…) ;

2) Sentir ce que ces situations nous font et pouvoir l’exprimer ;

3) Imaginer de façon créative, collective et disruptive des suites à prendre

4) Poser les premiers pas dans ce sens.

Le confinement peut-il se transformer en temps de respiration (pour celles et ceux qui le peuvent) ?

Nous étions 100 ce mercredi 25 mars pour une première réunion. Suisses, français.e.s et beaucoup de Belges. Nœuds de réseaux, activistes, accompagnant.e.s, facilitateur.rice.s… Nombreux.se.s, même si encore un certain manque de diversité dans les participant.e.s.

Cette première réunion a mis en lumière les besoins : d’agir, de partager, de réfléchir, d’imaginer, de sentir, d’acterde respirer. Elle a mis en avant les vulnérabilités : les nôtres, celles de nos proches, celles des nombreuses personnes souffrant directement ou indirectement de la situation actuelle, celles du système… et aussi les forces : de propositions, d’imagination, d’actions, de liens, de solidarités…. Elle a mis en avant l’espoir : d’utiliser cette fenêtre pour empêcher un retour au « Business as Usual », pour amorcer un « changement de cap, une rupture » et le sentiment de responsabilité, la nécessité d’agir pour cela. Mais aussi les nombreux paradoxes et tensions (réels ou apparents): ceux que l’on vit et ceux que l’on observe : entre le personnel,le collectif et le social ; l’intérieur et l’extérieur ; l’arrêt et l’urgence ; le penser, le sentir et l’agir ; le lien à la « nature » et le confinement ; le lâcher et le tenir ; le lien et la distance ; le soin court terme et le soin long terme ; l’inertie et la course ; le très local et les alliances plus larges ; le « sauver nos projets/organisations » et « les transformer » ; entre « la crise » et « les opportunités »,…

Quelle est la suite ?

Nous vous invitons à la deuxième réunion collective, ce mercredi 01 avril 2020 de 09h30 à 12h. Voici le lien pour rejoindre la réunion : https://us04web.zoom.us/j/455882270 (meeting ID : 455882270). Nous vous invitons à continuer à faire circuler, nous pourrons encore être nombreux.se.s à cette deuxième réunion, grâce à la possibilité de créer des petits groupes. Suite à cette deuxième réunion, nous créerons le « cercle cœur » et les « groupes thématiques » du projet.

Et en attendant ?

Voici le lien vers une synthèse courte de la première réunion, voici également le lien vers l’audio de la réunion (pas mis les images car on voyait les têtes de plein de monde).

Un Wiki est d’ores et déjà accessible pour échanger sur les différents projets en cours : wiki.timetobreathe.cc

Ne « nous » attendez pas. Si vous sentez que vous voulez lancer une première assemblée virtuelle, un cercle de parole, un récit collaboratif, un groupe de réflexions, des actions de solidarités… n’attendez pas « Time to Breathe ». Notre intention n’est pas d’empêcher mais de relier et de comprendre puis de rendre visible quel sera le fil commun de ces initiatives et quelles voix communes nous leurs donnerons pour qu’elles gagnent en puissance. N’hésitez pas à nommer « Time to Breathe » si vous le sentez, le souhaitez (projets, orgas…) et à voir/écouter comment ça résonne.

Continuons à se poser ces questions : comment apprendre à avancer ensemble dans une crise vécue très différemment par chacun.e de nous, alors que paradoxalement cette crise est inédite par le sentiment de destin commun qu’elle apporte, une grande partie de l’humanité semblant suspendue à son évolution…? Comment politiser nos ressentis, vécus et réflexions ?

Au plaisir de vous voir/entendre !

Avec envie, espoir et calme,

Vincent Wattelet, initiateur du projet – vincent@mycelium.cc

Printemps de Mycelium

Printemps de Mycelium

Mycelium entame sa quatrième année d’existence en constatant chaque jour l’importance de continuer :

Continuer à nourrir nos visions d’autres imaginaires que les imaginaires de croissance, de domination et d’exclusion qui imposent partout ou presque leur règles ;

Continuer à résister face aux destructions du vivant, face à la montée des mouvements anti-démocratiques et climato-sceptiques ;

Continuer à questionner nos certitudes et nos stratégies, sans jamais penser que nous détenons « la » vérité ;

Continuer enfin à prendre soin, de nous, de nos vulnérabilités, pour apprendre aussi à mieux prendre soin des autres que nous, humains et non-humains.

En ce début 2020, Mycelium continue aussi son action avec une stratégie dont les mots-clés sont : défricher, renforcer, élargir. Nous nous réjouissons de faire ce chemin avec vous!

Découvrez la Newsletter complète ici.

Formation à l’inclusivité et aux dominations systémiques

Formation à l’inclusivité et aux dominations systémiques

Vous êtes militant·e·s dans un mouvement écologique et vous vous posez des questions sur les rapports de domination ? Vous déplorez le manque de diversité dans vos espaces militants et ne comprenez pas pourquoi certains profils ne répondent pas à l’appel de la transition écologique. Vous vous sentez concerné·e·s par une plus grande justice sociale et souhaitez devenir un·e meilleur·e allié·e pour les groupes minoritaires ?

Pour répondre à ces questions , Mycelium propose, en partenariat avec le Réseau Transition et Rencontre des continents, une formation d’introduction à l’inclusivité et aux dominations systémiques!

Durant deux journées, nous tenterons de mieux comprendre les systèmes de domination (patriarcat, racisme, colonialité, classisme, hétérosexisme,…) et leurs interactions réciproques ainsi qu’avec la question écologique grâce à une grille de lecture pertinente (subaltern studies), une notion incontournable (intersectionnalité) et des sous-concepts très utiles à la compréhension des rapports sociaux ( privilèges sociaux, groupe dominant, groupe dominé, posture alliée, …).

A travers des exemples très concrets, nous nous pencherons ensuite sur ce qui se passe dans les espaces militants : la reproduction de rapports de domination, parfois même à l’insu des personnes concernées. Ce sera l’occasion de prendre un peu de hauteur en réfléchissant à notre position propre dans les rapports sociaux (dits structurels) et ce, dans un cadre ludique, bienveillant et de non-jugement.

Désormais mieux outillé·e·s, nous tenterons de comprendre pourquoi les espaces militants écologiques sont aussi peu investis par certains groupes dits minoritaires.

Nous échangerons, enfin, sur les bonnes pratiques d’inclusivité visant plus de justice sociale, tant au sein des espaces militants que, plus généralement, dans la société.

  • Intervenante

Hassina Semah est sociologue, psychologue clinicienne spécialisée en violences entre partenaires et violences interculturelles. Elle est diplômée en études de genre. Elle travaille actuellement dans un cabinet de l’Égalité des Genres et des chances, écrit pour les Grenades, le média féministe de la RTBF et donne des formations sur le genre et les systèmes de domination.

  • Modalités pratiques
    • Quand ? les samedis 25/04 et 09/05/2020, de 10h à 17h30
    • Où ? Carrefour 19, 19 Rue du Marteau à Bruxelles (Métro Arts-Loi)
    • Prix ? 30€ (tarif solidaire) ou 80€ (tarif de base). Ceci ne doit pas être un frein à votre participation et contactez-nous si nécessaire.
  • Inscriptions
    • Pour toute question ou pour vous inscrire, n’hésitez pas à envoyer un mail à Julien : julien@mycelium.cc
Projection / rencontre : Story Telling for Earthly Survival

Projection / rencontre : Story Telling for Earthly Survival

Quels récits pouvons-nous tisser face à l’accélération des destructions du vivant ? Comment dépasser les imaginaires de progrès ou d’apocalypse pour envisager des manières de vivre et lutter dans des mondes abîmés ? Quels liens pouvons-nous créer entre nos visions féministes, écologistes et décoloniales?

PointCulture Bruxelles et Mycelium vous proposent d’explorer ces questions en vous immergeant dans l’univers de Donna Haraway à travers le documentaire « Story Telling for an Earthly Survival » de Fabrizio Terranova.

Ce film est un portrait sensible d’une philosophe et de sa pensée, qui nous invite à regarder, penser et sentir autrement, à ouvrir plus largement nos imaginaires.

La projection du docu (1h15 min) sera suivie d’une conversation avec Rachel Hoekendijk, doctorante en philosophie à l’ULB, et Nathalie Grandjean, professeure de philosophie à l’université de Namur.

Infos pratiques :

PointCulture Bruxelles – le 15/10 à 18h30
Entrée gratuite sur inscription (places très limitées, ne tardez pas) : https://www.pointculture.be/reservation/evenement/57707/seance/?reset=

« Nous avons urgemment besoin de nouveaux récits ». C’est ainsi que peut se résumer la volonté féroce déployée par la philosophe Donna Haraway pour nous aider à sortir de l’impasse dans laquelle sont bloqués nos imaginaires, face aux catastrophes en cours et à venir.

Primatologue, féministe, philosophe des sciences, elle n’a cessé de démonter et questionner les cadres de pensée auxquels elle s’attaquait en montrant comment nous construisons en permanence l’idée de ce qui « est naturel » et en dénonçant l’hégémonie d’une vision patriarcale et coloniale de la science et de la nature.

Donna Haraway nous propose de quitter l’idée de « solution » à la catastrophe, et de chercher des manières plus ou moins pertinentes et enrichissantes de faire-avec, de collaborer avec d’autres êtres vivants et d’autres composants du monde qui nous accompagnent dans cette situation nouvelle. Elle nous ouvre à la complexité d’une pensée questionnant les distinctions nature-culture et humain-nature, fondements de notre vision “moderne” du monde. En convoquant la science-fiction, les « fabulations spéculatives» et les méduses, Donna Haraway offre une pensée très dense qui a ouvert le chemin à de nombreux.se.s autres qui explorent des visions écologistes dépassant le cadre de l’humanisme pour apprendre à co-habiter plus humblement avec le reste du vivant.

Rencontres autour du livre « Lutter Ensemble, pour de nouvelles complicités politiques »

Rencontres autour du livre « Lutter Ensemble, pour de nouvelles complicités politiques »

En avril 2019, Mycelium a invité Juliette Rousseau, autrice du livre « lutter ensemble, pour de nouvelles complicités politiques » à Bruxelles en partenariat avec Rencontre des Continents et le Réseau ADES.

L’autrice développe à travers ce livre sa réflexion sur la capacité ou plus souvent l’incapacité de mouvements sociaux de différents types (écologistes, syndicalistes, étudiants,…) à intégrer dans leurs pratiques une conscience des enjeux de dominations liées à la race (comme construction sociale), au genre, à la classe, au handicap notamment et les limitations que cette incapacité crée. Elle illustre ensuite par de nombreux exemples la manière dont il est pourtant possible d’intégrer ces notions et de pouvoir mieux incarner des luttes en pouvant être critiques tant sur le fonctionnement interne de ces mouvements que sur la société que ces mouvements prétendent changer et en laissant la place, l’autonomie et la visibilité aux personnes les plus directement concernées pour mener leurs luttes.

Cette réflexion est importante du point de vue de Mycelium car elle amène d’importantes pistes de réflexion face à une problématique très présente dans les mouvements de transition sociale et écologique à savoir une forte surreprésentation de personnes privilégiées à différents points de vue, parce que blanches, diplômées,  d’un niveau socio-économique supérieur à la moyenne, disposant d’un important capital culturel, cisgenres et hétérosexuelles. Cette surreprésentation pose la question d’une lutte qui se voudrait universelle, car l’écologie impacte tout le monde, mais qui n’est menée que par des personnes vivant le moins d’oppressions directes et actuelles, issues du racisme, du patriarcat, du capitalisme. Du point de vue écologique, il est également nécessaire de reconnaître que les dégradations écologiques actuelles et à venir touchent le plus durement les personnes subissant déjà ces oppressions car migrantes, vivant dans des zones polluées, ayant peu d’espace vert à proximité, ayant le moins d’accès à une alimentation saine,… La nécessité de pouvoir associer les revendications écologistes à d’autres revendications sociales se fait ainsi sentir de plus en plus fortement et est affirmée par de nombreuses personnes, mais cette volonté se transforme très difficilement dans la pratique.

La venue de Juliette Rousseau a été l’occasion d’organiser 2 conférences publiques et un atelier ouvert sur invitation à des personnes impliquées dans divers types de mouvements sociaux à Bruxelles. Cette venue a fait l’objet d’un grand intérêt auprès de mouvements activistes dans les thèmes du climat, de la justice migratoire, des luttes féministes notamment.

Pour continuer la réflexion :

  • Un excellent podcast réalisé par radio zinzine :
Rencontres « cheminer à travers les effondrements »

Rencontres « cheminer à travers les effondrements »

Une synthèse subjective de ces rencontres a été réalisée par Guillaume Lohest, merci à lui!

Vous savez ou vous sentez que nous traversons une période de crises profondes, multiples et
connectées. Vous sentez que la réponse à ces crises ne peut être seulement technique, partielle ou
limitée au cadre sociétal actuel et qu’elles appellent au contraire des changements systémiques et
radicaux, comportant de nouveaux espoirs, mais aussi des deuils à réaliser. Pour envisager ces
changements à venir, vous parlez peut-être de transition, de décroissance, de révolution silencieuse,
de tournant, ou de basculement…

Nous travaillons depuis un peu plus d’un an au sein du projet Mycelium avec l’intention de faire
mieux collaborer nos mouvements au service d’un changement d’échelle, d’un déploiement de nos
actions en faveur de la transition. Nous essayons d’inclure progressivement dans nos stratégies le
constat, fait par de plus en plus de chercheurs et scientifiques, que ces crises sont plus que
passagères mais qu’elles sont reliées et que face à l’incapacité de la civilisation capitaliste et
thermo-industrielle à y répondre, elles nous mènent à un effondrement civilisationnel. Nous pensons
qu’il est temps de partager nos constats, mais surtout nos questions, interrogations et pistes
d’actions avec vous afin d’élargir les réflexions liées à l’effondrement dans les mouvements sociaux
en Belgique francophone.

Nous vous invitons donc personnellement à participer à un ou plusieurs cycles de réflexion sur le
thème de l’effondrement en lien avec notre travail au sein d’organisations oeuvrant pour une
transition écologique, pour plus de justice sociale, de solidarité ou pour les communs.
Nous voulons réunir des personnes qui sont impliquées dans de ce type de mouvements et qui
viennent ou non avec l’aval de leur organisation, mais qui :

• se sentent interpellées, intéressées, dérangées, convaincues ou pas par les questions liées à
l’idée d’effondrement et aux thèses portées par la «collapsologie». Nous ne cherchons pas
à réunir que des convaincus, mais bien des personnes aux opinions diverses, qui se sentent
ouvertes au dialogue.

• sont d’accord de travailler en profondeur et sans tabou, en se posant des questions délicates : A quoi peut-on s’attendre dans les années à venir? Peut-on s’y préparer? Comment?Qu’est-ce que cela va changer dans nos vies, nos organisations, pour l’État? Quels sont les deuils à faire? Quel type de résilience est à tisser? Quels sont les actions, combats à mener,défis à relever, projets à créer? Sous quelles formes (plus ou moins politiques, plus oumoins directes, plus ou moins visibles…) ? Quels enjeux perçoit-on pour les populations urbaines, rurales? Pour les classes défavorisées? Pour les femmes, les minorités religieuses,culturelles, ou LGBTQI ?

• auront l’envie de ramener d’une manière ou d’une autre, ces questions, pistes d’actions,
d’orientations dans leurs sphères d’influence professionnelles ou militantes.

• s’engageront à une présence minimale à ces rencontres. Nous cherchons à constituer un
groupe stable sur plusieurs rencontres, sa composition pouvant évoluer par la suite.

Nous voulons nous offrir le temps d’1/2 journée, programmée toutes les 6 semaines environ, à
Bruxelles. Ces temps seront animés par l’équipe du projet Mycelium. Nous nous attacherons à
garder une vision systémique et élargie des questions abordées et travaillerons également en
présence de chercheurs se penchant de près sur ces questions d’effondrement (Raphaël Stevens,
Gauthier Chapelle, Renaud Duterme, …). Les dates proposées sont le 8/2, 15/3, 26/4 et 7/6 de 9h à
12h30.

Merci de communiquer votre intérêt à Julien Didier ( julien@mycelium.cc).

Au plaisir de vous rencontrer,
Vincent Wattelet – Mycelium / Réseau Transition
Antoinette Brouyaux – Association 21
Sébastien Kennes et Olivia Szwarcburt – Rencontre des Continents
Julien Didier – Mycelium / RCR

Café-débat : effondrement & luttes sociales

Café-débat : effondrement & luttes sociales

Face à une perspective d’effondrement de notre civilisation, quel sens donner à nos luttes sociales ? Quid de la justice sociale dans la pensée des « collapsologues » ?

Ce café-débat explorera les points de convergence et de divergences entre collapsologie et mouvements sociaux en présence de :
– Renaud Duterme, membre du CADTM et auteur du livre « de quoi l’effondrement est-il le nom ? »
– Daniel Tanuro, membre de « Gauche Anticapitaliste » et auteur notamment de « l’impossible capitalisme vert ».
– Thibaut Demeulemeester, biologiste, Climat et Justice Sociale

Rendez-vous le Mardi 5 décembre 2017 de 19:00 à 21:30 au Réseau ADES, Rue de Liedekerke 71 à Saint-Josse (Bruxelles) : https://www.facebook.com/events/1947772195544298/

Notre civilisation fait face à une multiplicité de crises, inédites par leur gravité et leur diversité : crises écologiques ( changement climatique, déclin de la biodiversité, épuisement des ressources,…), crises sociales (hausse des inégalités, délitement des formes de solidarité et de la sécurité sociale,…) ou encore crises politiques (montée des régimes populistes et autoritaristes, crises migratoires,…).

A travers cette convergence de crises, de plus en plus de citoyens et intellectuels voient une crise systémique qui appelle à penser plus profondément les relations entre ces crises et la nécessité de changements radicaux dans nos sociétés. Ces personnes parlent de révolution, de transition, de décroissance, de transformation…des concepts qui portent tous l’idée qu’il est encore possible de « changer les choses », d’inverser la tendance avant qu’il ne soit trop tard.

Mais un autre courant intellectuel se place en porte-à-faux de ces idées en affirmant qu’il est en fait déjà trop tard et que notre civilisation ne pourra pas éviter son propre effondrement. Présent depuis plusieurs années dans les pays anglophones, ce courant a été popularisé plus récemment dans l’espace francophone grâce entre autres au livre « comment tout peut s’effondrer » de Pablo Servigne et Raphaël Stevens. Ces « collapsologues » expliquent pourquoi, selon eux, le caractère systémique et relié de ces crises produit un « blocage » et rend notre civilisation incapable de réellement changer dans la direction nécessaire. Elle avancerait irrémédiablement vers des points de rupture (système financier, approvisionnement alimentaire, approvisionnement en énergie,…) rendant impossible sa survie. Ils insistent néanmoins sur le fait que la fin de cette civilisation n’implique pas (nécessairement) la fin de l’humanité, ni la fin d’autres civilisations vivant déjà aujourd’hui en marge du capitalisme global…

Ce point de vue confrontant questionne profondément nos luttes sociales, la manière dont nous les menons et l’horizon de progrès social qu’elles visent encore souvent. En regard, ce courant de la « collapsologie » mérite d’être questionné d’un point de vue social quand il prône le deuil de nos structures économiques et sociales actuelles pour créer de nouvelles communautés, résilientes à ces effondrements. Nous proposons lors de ce café-débat de questionner les points de convergence et de divergences entre collapsologie et luttes sociales à partir des questions suivantes :

– la perspective d’un effondrement rend-elle obsolète l’intérêt des luttes sociales actuelles?
– Quelle vision peut mobiliser les mouvements sociaux, si ce n’est celle d’un progrès social? Quel place pour l’espoir dans la collapsologie ?
– En quoi effondrement de civilisation et inégalités sociales sont liés ?
– En quoi les luttes féministes et LGBTQI sont concernées par cette question?
– la créations d’îlots de résilience et d’autonomie écologique par les personnes qui « voient venir l’effondrement » est une piste proposée par les collapsologues. En quoi cette piste inclut ou exclut les classes défavorisées et paupérisées, en particulier urbaines ?

Pour aborder ces thèmes, nous accueillerons Renaud Duterme, membre du CADTM et auteur du livre « de quoi l’effondrement est-il le nom ? » Daniel Tanuro, membre de « Gauche Anticapitaliste » et auteur notamment de « l’impossible capitalisme vert » et Thibaut Demeulemeester, biologiste, Climat et Justice Sociale