Dreaming the dark – Demain le monde après la pandémie

Dreaming the dark – Demain le monde après la pandémie

APPEL À TEXTES ET RÉCITS SONORES ENREGISTRÉS DANS l’ESPRIT DE LA SCIENCE FICTION ÉCOFÉMINISTE

En ces temps sombres de confinement, qui mettent en avant les crises politiques, sociales, écologiques et de coexistence des vivant.e.s, et dans lesquels une partie de la population est sans doute terrorisée par la possible fin de leur monde, il est nécessaire de porter l’attention sur cette peur et les désespoirs vécus.
A la façon des premières militantes écoféministes, et de la sorcière californienne Starhawk, nous pouvons faire oeuvre de « magie » en nommant publiquement nos peurs pour aller au-delà de notre impuissance et commencer à imaginer le monde de demain.
« La magie a souvent été pensée comme l’art de faire devenir vrais les rêves : l’art de réaliser les visions. Mais avant de rendre réelle une vision nous devons la voir. Nous devons avoir de nouvelles images à l’esprit, nous aventurer dans un paysage transformé, raconter de nouvelles histoires. »
La fiction pétrit les imaginaires collectifs et peut donc être saisie pour traiter les questions sociales et politiques.
Alors profitons de cet instant de repli en soi pour sonder nos peurs, interroger nos imaginaires et écrire ou raconter nos visions de demain.
Ce demain tel qu’il n’existe pas encore ; un demain libéré des contraintes politiques actuelles, des limites, des étiquettes, des injustices et inégalités ; un demain proche de la chair, de notre terre-mère ; un demain qui pleure, qui rit, qui chante, qui se crée d’autres façons de vivre ensemble, de nouveaux modèles, un demain qui construit de nouveaux habitats, de nouveaux moyens de transports, un demain qui se propose de nouvelles façons d’aimer, de se relier, de travailler, de manger, de vivre… Ce demain qui habite nos rêves les plus fous, ceux qu’on ne s’autorise pas…
CONSIGNES POUR L’APPEL À TEXTES ET À RÉCITS
Vos textes et récits peuvent prendre la forme libre que vous souhaitez et être composé à 2,4,10 mains et/ou voix – toutefois s’il y a des propos offensants envers une quelconque communauté ces textes ne seront pas retenus.
Les textes auront une taille de 3 à max 4 pages en format word (minimum 5.000 signes et max 7.500 signes) et/ou l’enregistrement en format MP3 de votre récit sera d’une durée de 5 à 10 minutes max .
Pour que nous tenions compte de votre votre participation, il est nécessaire de l’envoyer avant le 15 mai 2020 (minuit) à l’adresse mail suivante : sophiehustinx@hotmail.com avec le titre « Appel à textes et récits « Dreaming the dark ».
Merci de mentionner dans votre mail, votre nom ou le nom sous lequel vous souhaitez être publié/diffusé ainsi que votre accord pour l’utilisation de votre texte/récit à des fins de publication et diffusion exclusivement dans le cadre de ce projet « Dreaming the dark », Femmage à Starhawk, et dans le documentaire sonore qui sera réalisé par Sophie Hustinx sur ce projet.
7 SESSIONS / ATELIERS SONORES POUR VOUS INSPIRER
Pour vous plonger dans vos mondes intérieurs, passer le cap des angoisses et finalement vous mettre en écriture ou en récit, 7 ateliers sonores (respectant les consignes de confinement) ont été créés et sont disponibles en réécoute sur soundcloud :
Vous pourrez donc les (ré)écouter de votre lieu préféré quand vous le souhaitez.
  1. Ateliers sonores « Traverser l’obscur  » – 60’ – « Accompagnement par la voix et les sons, la musique, dans une traversée des peurs et de l’obscur qui nous habite en nos confinements individuels afin de stimuler les croyances limitantes qui freinent nos imaginaires, de percer nos monstres à jour et de les inviter à danser vers un monde plus lumineux. » Séquences sonores réalisées par, Aurore Morillon, Gouine_holobionte_Myope, Simona Soledad de l’asbl « Nobody’s Wrong » et Femke Muylaert, artiste et responsable du projet « Teuf de meufs »
  2. Lectures de textes de science-fiction féministes, queer et écoféministes – 45’ (différents extraits de texte de 5’ à 10’) . Sélection et lectures des extraits de textes effectuées par l’asbl Xeno- et ses artistes –
  3. Sélection musicale/Playlist « Dreaming the DARK » – 60’ – par Ahmed AYED, metteur en scène et réalisateur.
  4. Discussions confinées : Raconter l’après pandémie grâce à l’écoféminisme ? – 60’ – Discussions avec Delphine Masset, sociologue pour Etopia, Julien Didier du projet Mycélium et Sophie Hustinx, sorcière responsable du projet.
  5. Atelier d’écriture de « Poésie écoféministe » – 60’ –  Aliette Griz des « Midis de la Poésie » vous propose un atelier d’écriture sur le thème de la poésie écoféministe
  6. Voyage musical féminin /Playlist « Dreaming the DARK » – 60’ – par Ichraf Nasri et Elodie Azarian de l’asbl Xeno-
  7. Récit sonore : « Et le temps ? »… Est-il possible de penser l’après pandémie quand le présent est justement, lourdement si « présent » ?– 58’ – Jihan Imago, artiste plasticien, performeur et activiste trans, nous accompagne et nous promène dans cette densité à angles variables, tantôt réaliste tantôt fictionnelle sur ce que l’on appréhende pas, mais que l’on vit : « le temps » !

Que vos mots soient magiques et votre parole empouvoirante 🙂 !

(Image de l’article : couverture de « The Female Man » par Joanna Russ)

Ecopsychologie et ecologie profonde

Ecopsychologie et ecologie profonde

Les dimensions intérieures, psychologiques ou profondes de l’écologie sont assez souvent peu mentionnées voire oubliées lorsqu’on pense l’action écologiste en tant que mouvement sociaux.

A travers son travail, le projet Mycelium tente de mettre ces questions au centre, profitant notamment de la vivacité de mouvements qui travaillent sur ces questions en Belgique francophone, tels que Terr’Eveille, Terre & Conscience ou le réseau belge francophone d’écopsychologie.

Ecopsychologie

L’écopsychologie s’intéresse aux interrelations profondes entre la terre et la psyché humaine. Elle ouvre des pistes théoriques et pratiques dans une double perspective. Comme le résume Michel-Maxime Egger, d’une part, mettre en lumière les composantes psychologiques et émotionnelles des crises écologiques et avancer dans la compréhension de nos relations souvent déséquilibrées avec la nature. D’autre part, prendre en compte le contexte écosystémique des souffrances et pathologies humaines et donner une place au vivant et à la nature dans les démarches thérapeutiques.

Dans sa version radicale, ce courant offre un regard profondément politique sur le monde car il remet en question la voie empruntée par nos sociétés et, en particulier, par le monde psychomédical. Comme le souligne James Hillman, notre vision de la santé en est bousculée: que veut dire « aller bien » dans une société que l’on pourrait considérer comme malade? Doit-on s’adapter à un monde qui détruit le vivant, en nous et autour de nous ? L’écopsychologie réarticule vie psychique et systèmes d’oppression, mal-être des personnes et dégradation de la planète étant intimement liés au capitalisme et à la technologie. Selon Andy Fisher, « l’objectif de l’écopsychologie est d’œuvrer à la récupération de notre capacité à percevoir cette violence et à lui répondre », la réponse passant notamment par l’identification des tendances au déni – déni de la vie – dans notre société et par le projet de « laisser remonter une soif authentique pour un monde davantage centrée sur la vie ».

En plus des nombreuses pratiques visant à éveiller nos sens au reste du vivant, l’écopsychologie reconnaît la validité des émotions que nous ressentons face à sa destruction. C’est un des fondement du travail qui relie, approche développée par Joanna Macy et diffusée en Belgique par Terr’Eveille.

Pour aller plus loin :

Ecologie profonde

La force et l’originalité de l’écologie profonde est de nous amener à prendre en compte le problème majeur des relations que nous entretenons avec le reste du vivant. Comment l’humanité en est arrivée à ce point critique dans l’évolution où la survie de notre espèce et de millions d’autres espèces est en jeu ? Cet état de fait révèle un dysfonctionnement culturel profond, celui d’une civilisation basée sur la conquête et la domination de la « nature ». Prenant ses distances avec une écologie technicienne, l’écologie profonde interroge notre vision du monde et nos valeurs en mettant en perspective leurs effets sur la toile du vivant. Mais elle offre aussi une nouvelle vision sur la manière d’aborder les crises en cours en transformant la relation que nous entretenons avec la terre et les autres qu’humain, dans une reconnaissance radicale de notre interdépendance et de la tâche urgente de changer de paradigme.

D’un point de vue philosophie, l’écologie profonde marque le passage d’une vision anthropocentrique à une vision écocentrique. Tous les êtres vivants possèdent une valeur intrinsèque, indépendante de l’utilité qu’ils pourraient revêtir pour les humains. La nature n’est pas un stock de ressources à exploiter ou un décor à préserver. La richesse et la diversité des formes de vie ont également une valeur en soi car elles contribuent à l’épanouissement de la vie sur terre.  Ainsi ce courant de pensée s’inscrit en opposition à une vision utilitariste de l’environnement, une vision qui verrait l’humain comme séparé et supérieur à une nature dont il pourrait user pour répondre à ses propres besoins.

Mais nous n’avons pas seulement à apprendre à penser différemment notre rapport au vivant. Il s’agit aussi d’apprendre à le ressentir différemment. Comme le souligne le philosophe Arne Naes, à l’origine de l’appellation deep ecology, « les changements politiques nécessitent des changements affectifs en nous ». L’écologie profonde rassemble des personnes avant tout mues par un lien affectif  fort aux lieux et aux êtres vivants, un sentiment de commune appartenance à un même tout. Ce mouvement social parle car il propose une manière de penser et de ressentir qui ne nous coupe pas, ne nous extrait pas de notre expérience palpable de faire pleinement partie de la toile du vivant, par opposition au détachement et à l’impartialité idéalisés dans le monde moderne.

Pour aller plus loin :

Ecologies décoloniales

Ecologies décoloniales

Mycelium entame en 2020 un travail de réflexion, de documentation et de rencontres autour des questions d’écologie décoloniale, avec une série d’événements autour du livre « Une écologie décoloniale » écrit par Malcolm Ferdinand en juin 2020 (à confirmer selon la situation sanitaire). D’ici là, voici quelques ressources pour aborder les questions croisant les luttes décoloniales et écologiques.

  • Décoloniser l’écologie, L’écologie politique serait-elle trop « blanche » et pas assez à l’écoute des milieux populaires ? Une rencontre organisée par Mediapart avec Daiara Tukano, militante indigène d’Amazonie, et Fatima Ouassak, du collectif Front de mères.

Penser les effondrements

Penser les effondrements

Mycelium travaille depuis le début de son existence sur les questions d’effondrements. Notre intention est de nourrir et accompagner les nombreux débats qui ont lieu sur ces questions, en favorisant le dialogue entre différentes approches au sein de ces débats, y compris les approches critiques de la notion même d’effondrement(s), afin d’y permettre une lecture complexe et plurielle de ces enjeux.

Voici quelques traces de ces réflexions menées par Mycelium et par d’autres personnes ou organisations proches :

  • En 2017, Mycelium a co-organisé avec l’ASBL Terr’Eveille des rencontres résidentielles sur le thème des « effondrements et du travail de deuil » ainsi qu’une conférence avec le Réseau ADES sur « effondrement et luttes sociales ».
  • Mycelium a co-organisé, en 2018, le cycle « Cheminer à travers les effondrements« , avec Associations 21 et Rencontre des Continents. Ce cycle visait à favoriser un dialogue entre acteur.rice.s du monde associatif autour des questions d’effondrements et de la manière d’intégrer ces débats dans leurs organisations et leurs actions. Voir ici une synthèse de ces rencontres, rédigée par Guillaume Lohest ainsi que le document  « stratégies face aux effondrements »réalisé à la suite de ces rencontres.
  • Une reproduction graphique des processus de deuil en lien avec les questions d’effondrement, réalisée par Matthieu Van Niel.

Ecoféminismes

Ecoféminismes

  • « Inviter l’intime en écologie, un acte politique de l’écoféminisme?« , article écrit par Laura Silva Castañeda et publié par Mycelium
  • Rencontres Mycélium autour des écoféminismes et des dominations (février 2019) . Les écoféminismes présentés comme un point de départ vers des stratégies combinant les luttes de défense écologiques et luttes pour les droits des femmes et contre les dominations patriarcales. « les écoféministes avancent le fait qu’en raison des rapports sociaux dans lesquels les femmes sont inscrites majoritairement dans nos sociétés, ces dernières font l’expérience qu’une culture qui se construit contre la nature est une culture violemment misogyne, cette dernière justifiant son rapport de prédation à l’égard de l’une sur le dos de l’autre et inversement, imposant de mener de front ces différentes luttes. (Emilie Hache dans Starhawk, Rêver l’obscur, cambourakis, 2015).

Lutte contre les dominations systémiques

Lutte contre les dominations systémiques

Lancement des bourses « Racines et Pollens »

Lancement des bourses « Racines et Pollens »

Après plus d’un an de conception du projet, la Fondation Mycelium est maintenant presque entièrement en ordre de marche (nous espérons pouvoir vous présenter son site web dans les prochaines semaines) et lance son premier appel à demandes de financement!

Cet appel concerne les bourses « Racines et Pollens », qui sont des bourses ponctuelles d’un montant variable (aux alentours d’entre 5 000 et 10 000€), attribuées deux fois par an, avec un total de 70 000€ distribuables pour l’année 2020.

Ces bourses sont destinées à soutenir des projets « œuvrant à la création, la défense et le développement de sociétés tournées vers le soutien de toutes les formes de vie humaine et autre qu’humaine », en accord avec la vision générale du projet Mycelium et l’éthique de la fondation Mycelium.

Plus spécifiquement, la Fondation Mycelium cherche à soutenir des projets qui permettent de créer plus de liens au sein et entre nos mouvements, qui développent des visions audacieuses ou radicales, qui explorent les marges de nos mouvements et/ou qui ne peuvent pas facilement bénéficier d’autres sources de financement, publics ou privés. Ces fonds peuvent être délivrés à une organisation, un collectif ou directement à une personne, en étant au service d’un ou plusieurs projets collectifs.

Les demandes sont à envoyer via ce formulaire (avec une forme libre sur le format de la demande) au plus tard le mardi 5 mai à minuit.

Pour plus d’informations, vous pouvez également consulter le ROI (en cours de finalisation) de la Fondation et poser vos questions à boursefondation@mycelium.cc.

Cet appel est diffusé via la newsletter aux actrices et acteurs connectés à Mycelium et ayant déjà collaboré avec nous dans le passé. Vous pouvez le relayer vous-mêmes directement à d’autres mouvements ou collectifs que vous jugez pertinents, mais nous vous demandons d’éviter les canaux de diffusion larges pour l’instant.

Face à la sidération….

Face à la sidération….

Il n’est pas très évident de prendre la plume en cette période troublée, tant l’incertitude marque le quotidien de nos vies, de celles de nos proches (confiné.e.s ou exclu.e.s du confinement), de celles des personnes malades et plus généralement de sociétés entières.

Pas évident de savoir si cette période nous appelle à agir plus urgemment ou à plutôt questionner notre besoin permanent d’action et d’information, pour accepter le temps lent qu’impose ce confinement. Devons-nous profiter de cette période pour parler encore plus fort, et dénoncer les injustices que révèle cette pandémie ainsi que les causes écologiques de l’apparition de nouveaux virus, ou apprendre pour un instant à faire silence et ne pas ajouter du bruit à la surabondance actuelle d’informations ?

Alors que nous réalisons encore à peine ce que nous vivons, il est normal que nous soyons confus.e.s et que chacun.e de vous traverse cette période différemment, d’autant que les conditions matérielles de ce (non-)confinement sont loin d’être égales.

Notre propositions est de nous donner le temps d’observer tout ce que cet épisode nous fait traverser à nous, à nos communautés et nos sociétés. Beaucoup de tribunes parlent déjà de « l’après », ce qui est sans doute salutaire pour tenter de saisir l’opportunité d’une telle crise. Néanmoins, n’oublions pas que le « pendant » est aussi un temps politique très important, non seulement pour ce que traversent toutes les personnes affectées par ce virus, mais aussi car il révèle la grande vulnérabilité de nos sociétés et teste nos capacités de résistance à un tel choc. La résilience, que tout le monde appelle de ses voeux, ne peut s’entamer qu’une fois le danger le plus immédiat écarté, et elle dépendra grandement de la manière dont nous aurons traversé ensemble cette crise.

Inspirons-nous du message du collectif Santé en Lutte, qui dénonce de longue date le définancement et la détérioriation de nos systèmes de santé, et qui lutte aujourd’hui auprès des soignant.e.s en première ligne :

« Maintenant on soigne, après nous réglerons nos comptes »

A travers cette newsletter, nous vous partageons différentes pistes de soin, d’action, de réflexion et de mises en lien que nous voyons autour de nous actuellement, en espérant qu’elles vous inspirent et vous soutiennent, dans les moments que vous traversez actuellement… N’hésitez pas à nous en partager d’autres !

Julien, pour le cercle coeur de mycelium

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